Introduire les aliments allergènes chez le bébé

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30 à 40 % de la population française est touchée par une maladie allergique et ce chiffre est en constante augmentation. Parmi les allergies possibles, l’allergie alimentaire touche autant les adultes que les enfants. Elle est définie comme « un effet indésirable consécutif à l’ingestion d’une denrée alimentaire et résultat d’une réponse immunitaire inadaptée pouvant impliquer soit des immunoglobulines de type E (IgE) soit des mécanismes cellulaires, ou les deux.Les allergènes responsables de déclencher la réaction allergique sont de nature peptidique ou protéique, mais certains groupements glucidiques possèdent également des propriétés allergéniques. »

 

L’allergie alimentaire ne doit pas être confondue avec l’intolérance alimentaire où certains aliments provoquent des effets indésirables (intolérance au lactose, maladie coeliaque/intolérance au gluten…).

 

Une allergie alimentaire comprend un risque vital pour l’individu. La réaction symptomatique intervient dans les deux heures après contact avec l’aliment mais le plus souvent dans le quart d’heure. Elle se traduit par des signes cutanés (urticaire…), digestifs (douleurs abdominales, diarrhées, vomissements…), respiratoires (rhinites, toux, sifflement…). L’apparition de ces signes cumulés peut conduire au choc anaphylactique.

 

Des facteurs génétiques entrent en compte dans la prévalence des allergies : les enfants ayant un parent allergique ont deux fois plus de risque de développer une allergie alimentaire que les enfants n’ayant aucun parent allergique. Si les deux parents sont allergiques, le risque est quatre à six fois plus élevé. On sait aussi qu’il y a un lien avec l’âge : l’allergie à l’œuf  ou au lait affecte surtout les enfants en bas âge. Des facteurs environnementaux influencent l’apparition d’allergie alimentaire : l’exposition aux polluants, au tabac, le manque de vitamine D, l’implication du microbiote intestinal…

 

 

Aujourd’hui, les industriels ont l’obligation réglementaire de porter connaissance au consommateur de la présence d’un allergène alimentaire dans une denrée. 14 allergènes sont dits « à déclaration obligatoire » : arachide, céleri, crustacés (crabe, crevette, écrevisse, homard, langoustine), céréales contenant du gluten (avoine, blé, épeautre, kamut, orge, seigle), fruits à coque (amande, noisette, noix du brésil, noix de cajou, noix de macadamia, noix de pécan, noix de queensland, pistache), lait, lupin, oeuf, poisson, mollusques (boulot, calamar, escargot, huitre, moule, palourde, pétoncle, pieuvre), moutarde, sésame, soja, sulfites.

 

Les recommandations portant sur l’âge idéal d’introduction des aliments solides, au regard du risque d’allergie notamment, ont beaucoup évolué ces dernières décennies. Un consensus se trouve entre 4 et 6 mois révolus, c’est à dire qu’une fois l’introduction des aliments solides commencée, il faut rapidement introduire les aliments allergènes dans l’alimentation du bébé.

introduire les aliments allergènes
introduire les aliments allergènes avec son bébé

Introduire les allergènes – infographie : cliquer pour télécharger le document

Alors, comment introduire concrètement les allergènes chez le bébé ?
-le lait via un peu d’emmental râpé fondu dans une purée de légumes ou dans une préparation type pancake pour un bébé en DME

-les fruits à coque et arachides peuvent être introduits sous forme de purées ou de poudre en mixant finement les noix. On mélange l’équivalent d’une petite cuillère à café à une compote par exemple.

-le céleri dans une petite soupe maison servie dans une babycup

-le sésame peut être introduit en utilisant du tahini (purée de sésame) dans une préparation comme du houmous

-un peu d’oeuf dur émietté dans une purée ou des lamelles d’omelette pour les bébés en DME permet d’introduire l’oeuf dans l’alimentation

-le poisson peut être donné dans une purée à raison d’une cuillère à café jusqu’au 1 an de l’enfant pour éviter l’excès de protéines. Pour un bébé en DME, on peut lui donner directement une petite sardine dont la taille et la texture sont appropriées.

-les crustacés et mollusques doivent être bien cuits et présentés mixés dans une purée ou dans une préparation DME type croquettes car ils sont un peu caoutchouteux et difficile à gérer pour les bébés.

-les céréales contenant du gluten (seigle, orage, blé, avoine, épeautre) via des céréales infantiles, de la farine de blé dans des préparations culinaires, de la semoule, une tranche de pain grillée pour les bébés en DME…

-même s’il n’est pas recommandé de faire consommer du soja à un enfant avant l’âge de 3 ans, il peut être introduit en utilisant du jus de soja dans une préparation culinaire

-la moutarde peut être introduite en poudre en toute petite quantité dans une purée ou une préparation DME comme des galettes à base de bœuf haché 

-les sulfites se trouvant principalement dans le vin et les conserves, il vous suffira d’utiliser un légume en conserves (haricot vert) pour une purée maison par exemple

-pour le lupin, il est possible d’utiliser de la farine de lupin dans une préparation

Par mesure de précaution, une fois l’allergène introduit on attendra 2/3 jours avant de présenter un nouvel aliment allergène. A plus long terme, l’idée est de continuer à proposer régulièrement ces aliments allergènes afin de maintenir une bonne tolérance.

Si vous avez besoin d’être guidé dans l’alimentation de votre tout petit, je me tiens disponible pour une consultation individuelle. A très bientôt !

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